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Fabian Maingain : « Il faut faire en sorte qu’il y ait un suivi coordonné des chantiers avant – pendant et après »

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Interview avec le député bruxellois et Échevin, chargé des affaires économiques, de l’Emploi, de la Smart City et de la simplification administrative sur la mobilité bruxelloise.

L’importance du secteur Horeca bruxellois ?

C’est un des moteurs de l’identité bruxelloise et de la vie économique à la Ville de Bruxelles. C’est ce qui fait vivre le quartier et qui emploie énormément de Bruxellois, c’est donc quelque chose qui participe à se vivre ensemble et qui permet à chacun de se réaliser dans le progrès social.

Le secteur Horeca et les commerces en général sont très dépendants de leur accessibilité, qu’en pensez – vous ?

Il est certain que l’accessibilité, c’est ce qui permet aux clients, mais aussi aux fournisseurs, aux livreurs et aux employés d’arriver jusqu’au commerce, c’est donc l’élément vital de cette écologie  urbaine nécessaire au développement du commerce et de l’Horeca à Bruxelles.

C’est vrai qu’il y a à ce niveau-là plusieurs sujets d’amélioration à apporter, mais par tous les modes de transport. La moitié des Bruxellois qui ne possèdent pas forcément une voiture donc il y a une accessibilité qui doit pouvoir se faire par tous les modes de déplacements possibles.

C’est un problème complexe, mais il y a des solutions à apporter.

Il y a un deuxième volet à apporter : c’est évidemment la question des chantiers. C’est toujours quelque chose qui crée une nuisance, mais aussi une opportunité, car la plupart de ces chantiers visent à améliorer la qualité des quartiers et donc aussi l’environnement commercial, mais aussi la connectivité des commerces dans le cas des impétrants et donc c’est un mal nécessaire, mais ce sont des opportunités commerciales. Cela demande de mieux les gérer et mieux les encadrer, de ne plus les subir comme des fatalités. C’est pour cela que je veux véritablement travailler à cet encadrement des chantiers.

Il faut aussi réfléchir la gestion des chantiers  en amont pour faire en sorte que les livraisons restent possibles, réfléchir ensemble à ou va-t-on mettre les dépôts, pour faire en sorte que déjà toutes ces nuisances la soient réduites.   En deuxième lieu, il faut que nous pouvoirs publics puissions travailler sur la durée des chantiers, en travaillant sur nos cahiers des charges, en faisant en sorte que la durée des chantiers soit respectée.    

La dernière chose est l’après-chantier. On ne célèbre pas assez, on ne met pas assez en avant la plus-value de ces chantiers. Nous les voyons toujours comme des nuisances, comme des choses qui apportent des problèmes. Pourtant ces chantiers ont une raison d’être ; ils embellissent un quartier, ils améliorent une situation. On ne fait pas un chantier pour mettre à mal un quartier ou des commerces. Il faut pouvoir aussi célébrer ce chantier, en profiter pour refaire venir les clients dans les commerces.

Concrètement que signifie le concept de « chantier accompagné » ?

Le chantier accompagné c’est donc tout ce dialogue que nous essayons de construire avant – pendant et après le chantier. Réunir avant le chantier, l’impétrant ou l’entrepreneur, avec les commerçants via les associations des commerçants, et avec les autorités publiques via le service commerce, mais aussi l’urbanisme, la mobilité, la police pour discuter ensemble de la coordination d’un chantier, de sa durée, des moyens d’accès, de toutes les questions logistiques qui se posent sur un chantier. En bref, réfléchir ensemble à ce chantier et faire en sorte qu’il y ait un suivi coordonné de ce chantier avant – pendant et après.   Je crois véritablement que c’est comme cela que nous pouvons améliorer l’impact de ces chantiers sur la vitalité commerciale et faire en sorte que ces chantiers ne soient pas juste des nuisances commerciales. 

L’image négative des chantiers et travaux bruxellois sur l’Horeca ? Le concept de chantier accompagné peut-il être étendu à l’ensemble des chantiers bruxellois ?

Il y a des exemples concrets. Nous ouvrons par exemple un chantier Rue Haute et bien nous avons travaillé à cela. D’abord à la communication. Nous devons communiquer et expliquer aux clients et aux Bruxellois pourquoi il y a un chantier et non pas que cela soit juste une image à la télévision d’une rue fermée. Il faut vraiment faire cet effort de communication et cela demande de communiquer en avance vers les citoyens, que durant le chantier les phases et le pourquoi du chantier soient misent en place,  installer une logique de city – marketing pour communiquer sur ces chantiers. La seconde chose: c’est communiquer sur le fait que les commerces restent accessibles, que ce n’est pas parce qu’il y a des travaux que tout est fermé.

Et puis il y a la réforme de Didier Gosuin de l’indemnisation des chantiers avec des montants forfaitaires, une procédure simplifiée. C’est une indemnisation qui vise principalement les petites entreprises, celles qui ont moins de 10 ETP (équivalent temps plein), on est à partir de 2000 euros, mais les montants augmentent en fonction du nombre d’ETP, pour faire en sorte de pouvoir venir de manière forfaitaire aider.

Quelles suites à ce concept ?

Nous avons un premier chantier qui commence d’ici le mois de février – il s’agit du chantier de la Rue Haute qui va commencer – on va déjà le retester d’une manière différente, avec plus d’acteurs, sur le chantier de la Place Bockstael  qui est un chantier avec un contrat de quartier à Laeken.

Et puis on va à chaque fois essayer d’évaluer ces mesures d’accompagnement. On va voir ce qui a fonctionné et pas fonctionné, pour essayer d’améliorer encore notre processus et faire en sorte que de chantier en chantier, on améliore le système des chantiers accompagnés pour transformer ces chantiers en opportunité commerciale.

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