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  • Joana Leal
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Edito novembre 2019 : « Le cœur du problème reste le manque de personnel »

L’Horeca subit une importante crise en Europe et plus particulièrement en Belgique. Il ne s’agit, cette fois, pas d’une crise économique, nos établissements travaillent mieux, mais peinent à trouver du personnel. La qualité de l’accueil, de la cuisine et du service s’en ressentent et notre tradition de qualité et de gastronomie risque d’en souffrir.

C’est l’avenir de notre secteur qui est impacté.

 

Analyse :

De nombreux travailleurs venant des pays de l’Est travaillaient chez nous, mais le développement économique et le tourisme dans ces régions incitent ces travailleurs à rentrer au pays.

Le coût du travail dans notre pays empêche les sociétés de notre secteur d’offrir des salaires poches suffisants à leurs collaborateurs.

Le coût du travail empêche d’engager suffisamment de collaborateurs afin d’offrir des horaires plus souples et plus légers et un service digne de notre réputation.

Ce phénomène augmente le stress, oblige le personnel à travailler à des cadences qui ne permettent plus d’offrir le service demandé.

La formation ne répond plus à la demande de nos entreprises.

 

Il n’y a plus de place pour l’amateurisme

Les temps que nous vivons ne laissent plus la place à l’amateurisme. La gestion de l’entreprise, la formation du patron, de l’entrepreneur devient la chose la plus importante.

 

Les charges salariales et administratives restent le cœur du problème !

Le coût des charges sociales beaucoup trop élevé, les droits acquis d’un autre temps augmentant le coût réel de la main-d’œuvre, d’innombrables taxes, des contraintes multiples de gestion, l’AFSCA, la Sabam et sa taxe sur la musique, le contrôle annuel des installations électriques, ascenseurs et monte-plats, sont les principales raisons du nombre élevé de faillites dans le secteur.

 

Mais l’Horeca a encore d’autres spécificités et d’autres contraintes :

  • Il faut savoir que le nombre de travailleurs par millions de chiffre d’affaires, et donc un coût de main-d’œuvre élevé, n’est comparable à aucun autre métier. En effet, il s’entourer de 10 à 15 collaborateurs pour réaliser un million de chiffre d’affaires dans l’Horeca, contre 1, 2 ou 4 salariés pour réaliser le même chiffre dans d’autres secteurs !

 

  • Les nouvelles technologies (robots et autres techniques, intelligence artificielle, informatique) ne sont pas d’application dans nos métiers principalement orientés vers le service.

 

  • La formation des jeunes, qui s’arrête au niveau secondaire inférieur ne permet pas, à des individus plus intéressés pas des études, d’accéder à un niveau universitaire ou d’excellence créant ainsi un manque de motivation.

 

  • L’appauvrissement de la population qui ne permet pas de pratiquer le « juste prix » et d’assurer une bonne gestion des prix de vente.

 

  • La démotivation des jeunes à pratiquer un métier exigeant une présence à des heures où les autres s’amusent.

 

  • Des charges sociales énormes et un système qui ne permet pas d’offrir de justes rémunérations à un personnel pratiquant un métier pénible (week-end, soirée ou nuit, chaleur, etc.).

 

Conclusion :

« The show must go on » est , comme dans le monde du spectacle, notre devise.

Le clown est triste, mais il doit continuer à sourire.

Nos entreprises souffrent, mais les lumières continuent à briller même si l’électricité n’est pas payée.

Le sourire est de mise, on ne vient pas dans un restaurant pour entendre le patron se plaindre.

Le sourire, l’accueil et le service doivent continuer à être assurés pour que l’Horeca reste « le plus beau métier du monde » pour le plus grand plaisir de nos concitoyens.

Voilà pourquoi, notre monde politique semble ignorer nos souffrances et nos demandes.

 

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