• Paulo Tomaz
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Publication de la loi sur les caisses enregistreuses

En 2015 le Moniteur Belge a publié la loi sur les caisses enregistreuses dans l’Horeca appelées communément « Black Box ».

Ce n’est, évidemment, pas la couleur de la boîte qui inquiète le secteur mais bien les contraintes énormes qu’elle va imposer aux professionnels de l’Horeca, tous secteurs confondus et ceci à un moment où notre pays s’enfonce dans une crise profonde et inquiétante. Durant des décennies, nos dirigeants ont laissé s’installer un « système » dans notre secteur permettant une survie de celui-ci.

Aujourd’hui, ils veulent imposer un contrôle strict et un enregistrement  pointu de toutes les opérations effectuées dans les entreprises. Les heures de présence des membres du personnel seront enregistrées également tel un pointage. La flexibilité des horaires ne pourra plus exister et la convivialité de nos métiers disparaître ! Les fédérations, remplissant leurs rôles, ont informé le monde politique du danger de la mise en place de tels systèmes.

La réalité du « terrain » veut, que dans une situation normale d’exploitation, de nombreuses opérations sembleront suspectes lors d’un contrôle ultérieur. Des exemples : un client qui change d’avis sur un plat après pointage sur la caisse, suspect ? L’annulation de ce plat et le remplacement par un autre, suspect ? Qui dit annuler dit tricher !

Un vin qui n’est plus disponible en cave doit également être annulé et peut, parfois, être remplacé par une autre boisson qui n’est pas, forcément, un autre vin mais bien une bière ou une eau, suspect ?

Un collaborateur qui oublie de s’enregistrer ou qui a oublié sa carte d’identification, suspect ?

Une panne de caisse enregistreuse, fraude ou simple panne, suspect ?

Une coupure de courant, volontaire ou accidentelle, suspect ?

Faudra-t-il faire signer le client sur la note quand il change d’avis sur ce qu’il va manger ?

Devra-t-on demander une attestation au fournisseur d’énergie en cas de panne ?

Devra-t-on refuser un client parce qu’il rentre dans l’établissement à une heure trop proche de la fermeture ?

Nous vivons aujourd’hui une crise sans précédent pour de multiples raisons qui ne sont pas de notre fait.

Même un établissement qui garde un beau taux de fréquentation voit son chiffre d’affaires baisser par un changement de mode de consommation. Une entrée ou un dessert qui n’est pas commandé cause une réduction de 15% de la recette. Les belles bouteilles se font rares, le menu trois service est souvent remplacé par un plat et une boisson. Les mauvaises nouvelles annoncées par la presse et les télévisions font croître les comptes d’épargne de nos concitoyens mais diminuer les recettes des restaurants. Cela, c’est la réalité de tous les jours.

Notre secteur souffre. Nos enseignes restent allumées mais pour combien de temps encore ? Toutes ces contraintes, sans les mesures compensatoires demandées, frapperont surtout les professionnels sérieux, elles n’inquiéteront pas les « cowboys » que nous avons toujours dénoncé. Le futur sera-t-il fait de « groupes de restauration » et de « cowboys » uniquement. Les vrais artisans faisant la réputation de nos métiers vont-ils disparaître ?

Nos métiers occupent beaucoup de personnel souvent peu qualifié. La fermeture d’un grand nombre de maisons va causer des licenciements en masse qui n’auront aucune mesure avec les fermetures de Ford, d’Opel ou d’Arcelor Mittal. L’Horeca, avec les métiers annexes, représente 500.000 travailleurs dans notre pays. Il est facile d’imaginer ce qu’une suppression de 10% de nos établissements pourrait causer comme drame social et économique.

Il est facile, certes, de l’imaginer pour tout un chacun mais notre monde politique veut-il le voir ? Il ne s’agit pas pour nous de créer une panique ridicule, il est de notre devoir d’attirer l’attention sur les réalités dramatiques que vont entraîner des décisions irresponsables ne tenant pas compte des réalités du « terrain ».

Nous ne pouvons cacher notre inquiétude car le dicton dit : « Il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre ! »

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