• Paulo Tomaz
  • Pas de commentaire

L’édito du Président: Paroles, paroles, paroles?

Lors de chacune des interviews, lors de chaque réunion, à chaque entrevue avec l’un de nos représentants politiques, quel que soit son parti, nous n’avons obtenu que des marques de sympathie pour nos métiers.

Nous faisons donc effectivement le «plus beau métier du monde» !

Ils nous ont tous expliqué que l’Horeca, c’était les lumières de la Ville, la sécurité dans nos rues.

Que l’Horeca, c’était l’accueil, le bien-être, le confort pour nos concitoyens.

Tous semblent savoir que les moments importants de la vie, tristes comme joyeux, se passent dans nos établissements.

Tous sont persuadés que nous sommes les derniers grands pourvoyeurs d’emplois, et souvent peu qualifiés.

Tous savent que nous ne pouvons pas délocaliser (ce qui assure une sécurité importante pour notre personnel par rapport aux grands groupes internationaux qui peuvent changer de siège d’exploitation, comme on change de chemise, en causant des drames sociaux gigantesques dans le seul but d’augmenter leur rentabilité.  Ce ne sont pas les exemples qui manquent).

Ils connaissent les problèmes de notre secteur et les trop lourdes charges qui pèsent sur les épaules de nos entrepreneurs.

Ils savent que notre secteur détient le triste record des faillites.

Les messages que nous essayons de faire passer depuis des années semblent avoir été compris. C’est fantastique.

Tous sont conscients que les charges sociales, trop importantes, ne sont pas adaptées à nos métiers.

C’est fantastique oui, mais ces propos viennent à un moment particulier !

Le 25 mai, le peuple belge se rend aux urnes pour décider du sort de nos femmes et hommes politiques.

Cela nous fait donc penser à la chanson de Dalida «Paroles, paroles». Pourquoi, en effet, si tout est merveilleux chez nous, pourquoi vouloir imposer des systèmes d’enregistrement que nul autre secteur ne se voit contraint de placer ?

Pourquoi vouloir afficher sur des sites mondiaux, comme internet, les résultats des contrôles d’hygiène, souvent mal réalisés, au risque de provoquer de véritables catastrophes ?

Pourquoi bloquer le taux de TVA sur les boissons non alcoolisées au taux de la taxe de luxe ?

Pourquoi ne pas appliquer le taux de 6% promis sur la nourriture ?

Pourquoi ne pas revoir les charges sociales si peu adaptées à nos entreprises ?

Pourquoi imposer ces multiples mesures qui tendent à rendre impossible toute exploitation Horeca dans la citoyenneté et poussent les exploitants à la fraude pour obtenir un quelconque bénéfice de son travail ?

Appliquer les décisions prises par le Gouvernement risque de provoquer une hécatombe parmi nos collaborateurs. Plusieurs études réalisées par des universités de chaque région de notre pays annoncent des pertes d’emploi pour plusieurs dizaines de milliers de travailleurs dans un temps très bref!

Alors, puisque nous savons par nos contacts que «tous» sont conscients de nos problèmes et de nos craintes, les choses vont-elles changer après les «élections» ou les belles promesses vont-elles disparaître en fumée ?

Pouvons-nous espérer une lueur d’espoir ou devrons-nous nous résoudre à réécouter la chanson de Dalida ? Paroles, paroles et paroles …..

Quoi qu’il en soit, la Fédération Horeca sera toujours présente au combat pour défendre ses membres et faire comprendre aux responsables politiques les enjeux énormes que des mauvaises décisions pourraient avoir sur le peuple tout entier, du producteur au consommateur, en passant par toute la chaîne de distribution, de la plus petite à la plus grosse entreprise du monde de l’hôtellerie, de la restauration, des cafés et entreprises assimilées.

Il faut le dire et le redire,

Non, Mesdames et Messieurs les politiques, tous les acteurs de nos beaux métiers ne sont pas des «bandits».

Ce que certains appellent des «bandits» sont des gens, exploitant un établissement ou une entreprise et ne respectant qu’une seule loi : «la leur».

Ces personnes n’ont jamais été défendues par la Fédération Horeca.

Nous n’avons jamais contesté que certains exploitants d’établissement, qu’ils soient restaurateurs, hôteliers ou cafetiers soient des «hors-la-loi». Ils vivent leur vie égoïstement et ne nous intéressent pas.

Il existe des lois, elles doivent être respectées.

 Il y a des gens chargés de faire respecter ces lois, qu’ils fassent leur travail.

Faut-il jeter tout un panier à la poubelle si l’on y trouve une pomme pourrie ?

C’est souvent le sentiment que nous ressentons quand nous nous adressons à nos responsables politiques et nous le déplorons vivement.

Le verger est sain, nos pommes ne sont pas pourries et nous n’acceptons pas d’être mis tous dans le même sac. Nous représentons un nombre extrêmement important de professionnels dans nos différents métiers de l’accueil, de la gastronomie et du tourisme. Des centaines de milliers de gens consacrent leur vie au bonheur de leurs concitoyens, ils méritent le respect.

Nous voulons être considérés et pouvoir discuter d’égal à égal avec nos représentants politiques dans un climat de respect mutuel et de bonne entente constructive.

Si nous ne sommes pas entendus cette fois-ci ! Le désespoir de certains est tellement profond, qu’il sera difficile d’encore leur demander de patienter.

Mesdames et Messieurs les politiques, pour que les choses soient bien claires, laissez-nous vous présenter notre charte pour l’avenir de nos métiers.  Elle vous permettra de mieux cerner notre secteur :

Nous désirons travailler et nous épanouir dans nos métiers dans une parfaite éthique de qualité et d’honnêteté.

Nous voulons collaborer au bien-être de nos concitoyens et leur garantir accueil, qualité et convivialité qui sont les critères essentiels de nos métiers.

Nous désirons agir avec la plus grande citoyenneté dans la gestion de nos entreprises.

Nous voulons valoriser le travail artisanal et manuel. Redonner aux jeunes le goût de l’effort et du travail bien fait et ainsi leur assurer un bien-être auquel chacun aspire.

Nous voulons évoluer avec notre société et sommes conscients de la nécessité permanente de formation de nos collaborateurs en conformité avec les progrès de la société et de la science.

Nous voulons faire revivre le centre de nos villes et éviter les trop nombreux départs de nos clients vers les banlieues.
 
Nous voulons développer les formations en alternance qui font le succès de certains de nos pays voisins et redonner à nos jeunes le goût de nos métiers.

Nous exigeons en contrepartie : La possibilité de pouvoir exécuter nos métiers sans devoir recourir à des systèmes parallèles.

Des aides financières indispensables pour assurer la formation de nos collaborateurs.

Des lois, en matière sociale et fiscale, adaptées à nos spécificités et permettant d’appliquer les différents points de notre charte.

Une plus grande collaboration entre la Fédération Horeca en tant que pouvoir représentatif et le monde politique décisionnaire.

 Yvan Roque

Président de la fédération Horeca Bruxelles

Laisser un commentaire