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Dossier l’écailler – un investissement gagnant – V

Crevette, crabe et gambas

Crevettes

Les crevettes grises et bouquets trouvent toujours leur place sur la table des consommateurs français et belges même si elles ont été dépassées (en termes de volume commercialisé) par les crevettes tropicales. Par ordre d’importance, en termes de volumes commercialisés en France, citons :

  • Pandalus borealis, petite crevette de pêche des eaux arctiques, également pêchée en mer du Nord en hiver et dans les eaux plus profondes. Cette crevette est rose à l’état naturel;
  • Crangon crangon, crevette grise capturée sur le littoral de la Manche et en mer du Nord;
  • Palaemon serratus, c’est la « bouquet » pêchée le long du littoral français, anglais et irlandais;
  • Pandalus montagui, pêché artisanalement au Royaume-Uni;

Crevettes de pêche

Toutes ces espèces sont issues de la pêche, aucune ne fait l’objet d’élevage.

  • Pandalus borealis arctique, qui vit à des profondeurs variant de 20 à 1 300 mètres, est capturée au chalut de fond. Les stocks de l’Atlantique Nord (Est et Ouest) de Pandalus borealis sont exploités à un niveau durable. Les scientifiques recommandent aux pêcheurs de ne pas accroître l’effort de pêche et de diminuer les rejets.

Des efforts de sélectivité (grille sélective) ont été mis en place dans la zone du Skagerrak depuis février 2013. Cette espèce est principalement pêchée au Canada avec 127 135 tonnes débarquées en 2015, où les efforts de sélectivité permettent également de réduire les prises accessoires d’espèces non désirées.

  • Crangon est principalement capturée en mer du Nord par les pêcheurs allemands, néerlandais et danois par des chalutiers à perche ou par des pêcheurs à pied munis de haveneaux. Ces trois pays sont responsables de plus de 90 % des captures européennes qui s’élèvent à 36 677 tonnes en 2015. Les bateaux belges débarquent 1 100 tonnes annuelles dont 650 tonnes sont débarquées aux Pays-Bas. En raison d’une forte demande du marché belge, 3 000 tonnes supplémentaires sont importées depuis les Pays-Bas. En Belgique, on estime que les prélèvements par la pêche récréative à pied sont aussi élevés que ceux de la pêche professionnelle. En octobre 2014, les scientifiques ont conseillé la mise en oeuvre d’un plan de gestion en mer du Nord de Crangon crangon avec le besoin d’une réduction de l’effort de pêche afin d’assurer une exploitation maximale durable de la ressource. En 2017, ce plan de gestion n’a toujours pas été mis en place par les autorités, tandis que l’effort de pêche continue d’augmenter. L’état du stock de Palaemon seratus, pêché le long du littoral français, n’est pas connu. 246 tonnes ont été débarquées par la flotte française en 2016. Certaines mesures de gestion sont mises en place localement : fermeture saisonnière en Irlande, licence de pêche spécifique au Royaume-Uni, engins sélectifs en France…

Des crevettes voyageuses

Après leur capture dans les mers du Nord, une partie des crevettes sont envoyées dans les pays du Maghreb pour y être décortiquées avant d’être conditionnées dans les pays du Nord de l’Europe.

Insatiable appétit

La consommation de crevettes a explosé au cours des dernières décennies, alors que les productions d’élevage de crevettes se développaient dans les zones subtropicales et que les cours mondiaux de cette denrée de luxe chutaient remarquablement.

En parallèle, la disponibilité de cette nouvelle matière première a stimulé l’imagination et le savoir-faire des industriels français et belges qui, aujourd’hui, proposent des gammes complètes de produits incorporant ces crustacés. Entière, crue ou cuite, décortiquée, en queue décortiquée, en brochette, marinée ou fumée, ou encore en sauce, la crevette se décline de mille et une façons. En Belgique, les crevettes grises sont servies également en croquettes. Un délicieux plats très apprécié par les Belges mais aussi par les touristes.

Crabe royal

Un nouveau crabe est apparu au début des années 2000 à l’étal des poissonniers en Europe. Il s’agit du crabe royal ou crabe rouge de Norvège (Paralithodes camtschaticus) plus connu sous le nom de « crabe du Kamtchatka », du nom de sa région d’origine. Cette espèce originaire du Pacifique Nord a été introduite dans l’Atlantique Nord par des scientifiques russes dans les années 60. L’espèce s’est bien acclimatée aux eaux froides de la mer de Barents : son abondance et sa zone de distribution n’ont depuis cessé de croître. En 1979, les premiers individus ont été pêchés dans les eaux norvégiennes, à l’ouest de leur zone d’immersion. La pêche a démarré à un stade expérimental en 1994, avec un quota de 11 000 crabes partagé entre Russes et Norvégiens. En 2002, cette pêche a pris une dimension commerciale et une réglementation a été mise en place. Les Norvégiens ont opté pour un système de quota par navire et les Russes pour un système de licence.

La ressource est gérée conjointement par les Norvégiens et les Russes. La taille minimale de capture est de 130 mm pour les deux sexes sur la zone se situant à l’Est du 26ème méridien Est, mais le quota est plus faible pour les femelles. En Norvège, seuls les navires côtiers de petite taille (entre 7 et 15 mètres) peuvent participer à cette pêche.

La pêche illégale est très importante en Russie. La pêcherie russe est en cours d’évaluation pour obtenir la certification MSC. Si la certification est obtenue, cela permettrait d’améliorer la traçabilité des produits, du bateau à l’assiette, et ainsi de limiter le risque de pêche illégale pour les produits certifiés.

Une espèce invasive

Les impacts sur l’environnement, y compris sur les populations de proies de cette espèce introduite, ne sont toujours pas connus avec précision à ce jour. Sa propagation se poursuit d’année en année vers l’Ouest mais elle est très faible audelà du Cap Nord (Norvège).

La Norvège autorise le prélèvement sans limite à l’ouest de la zone soumise à quotas afin de limiter l’extension de sa population vers l’Ouest. Les individus pêchés au sud des Îles Lofoten sont vraisemblablement liés à des remises à l’eau accidentelles. Des dégradations sur les filets et les lignes des pêcheurs ont également été reportées. Ce crabe de dimension impressionnante peut atteindre 10 kg et mesurer 1,5 mètre d’envergure. Il est importé en Belgique, en France et en Suisse, principalement sous forme de pinces non décortiquées.

Gambas

Les crevettes tropicales ont supplanté les crevettes des mers du Nord sur les tables des consommateurs du fait essentiellement d’une démocratisation du prix. Par ordre d’importance, en termes de volumes commercialisés sur nos marchés, nous trouvons :

  • Penaeus vannamei,crevette blanche d’élevage, importée d’Amérique du Sud et d’Asie du Sud-Est ;
  • Penaeus stylirostris, élevée en Nouvelle-Calédonie ;
  • Penaeus monodon,ou crevette tigrée, de pêche ou d’élevage, originaire de l’océan Indien et d’Asie ;
  • Penaeus subtilis, crevette de pêche capturée dans les eaux d’Amérique du Sud, sur le plateau guyanais ;
  • Xiphopenaeus kroyeri,que l’on trouve en Atlantique Ouest central ;
  • Parapenaeus longirostris,espèce capturée principalement en Méditerranée (également présente en Atlantique) très prisée ;
  • Penaeus latisulcatus,de l’Est de l’océan Indien et Pacifique Ouest ; 

De pêche ou d’élevage

Crevettes de pêche

La pêche de Penaeus subtilis sur le plateau guyanais est soumise à un quota fixé à 1 500 tonnes en 2016 mais débarque autour de 700 tonnes par an. En effet, au cours des dernières années, le stock s’est caractérisé par une forte baisse du recrutement et de la biomasse des reproducteurs. La pêche ne serait pas la cause principale de cet effondrement, les conditions environnementales n’y seraient pas étrangères (augmentation de la température moyenne des eaux, changements hydroclimatiques avec modifications du régime des vents).

Crevettes d’élevage

Penaeus monodon est élevée à l’origine dans l’océan Indien et en Asie. Un élevage est certifié Agriculture Biologique à Madagascar. Le Vietnam produit dans la région du Delta du Mekong. Même s’il convient de ne pas associer des pratiques d’élevage à un pays ou une région, une vigilance toute particulière doit être apportée aux crevettes du Bangladesh, Thaïlande et d’Indonésie où de nombreuses ONG dénoncent des impacts environnementaux et sociaux négatifs importants.

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