Cause toujours
Cause toujours." Malgré une kyrielle de petits-déjeuners "cinq étoiles" organisés avec le monde politique, c’est la seule réponse qu’Yvan Roque, président de la fédération Horeca à Bruxelles
, estime avoir entendue jusqu’ici. Ses griefs sont pourtant toujours identiques : rabattre la TVA des établissements de 21 à 6 pc ( "un combat vain et vieux de 15 ans" ), diminuer les charges pesant sur le secteur ou encore revaloriser la valeur "faciale" des chèques repas ( "de 6 à 15 euros" ). "L’Horeca c’était déjà un secteur qui devait se battre pour survivre, mais là, avec la crise, nous sommes vraiment au pied du mur" , explique Yvan Roque. Face aux "cacahuètes" reçues jusqu’à présent, l’homme a décidé de se tourner vers Rudy Aernoudt et son parti LiDé (Libéral Démocrate), nouveaux venus sur les scènes politiques belge, et désormais bruxelloise. " Soyons clairs, précise Yvan Roque. A la base, notre fédération est totalement apolitique, mais si Rudy Aernoudt nous prouve qu’il peut tenir ses promesses, il deviendra le candidat de l’Horeca." Rudy Aernoudt ne s’est pas fait prier pour rentrer ainsi de plain-pied dans l’arène politique de la capitale. " L’Horeca est un secteur fondamental à Bruxelles , explique l’ancien chef de cabinet de Serge Kubla et de Fientje Moerman. Il est non seulement important pour l’image de la capitale, mais c’est aussi un imbroglio multiculturel formidable. De plus l’Horeca représente près de 30 000 emplois plein-temps et 100 000 emplois indirects." Rudy Aernoudt fait ses comptes : il existerait actuellement 17 000 postes vacants dans le secteur. "Dans un contexte favorable, l’Horeca peut même créer 75 000 postes supplémentaires", analyse l’économiste. L’Horeca pourrait ainsi résorber en grande partie, voire totalement, l’équation du chômage bruxellois (90 000 chômeurs). Ce "contexte favorable", Rudy Aernoudt pense pouvoir le créer en diminuant notamment les "800 types d’impôts" pesant sur les établissements. Fer de lance de LiDé, le principe de la "flat tax" est aussi évoqué : pas d’impôt sur le revenu ne dépassant pas 12 550 euros et 25 pc pour les revenus supérieurs jusqu’à l’infini. Associé à une limitation de la durée du chômage à trois ans (" la Belgique est le seul pays européen où l’on peut rester chômeur toute sa vie") et à une réforme de l’enseignement pour redonner de la valeur au travail, cette mesure découragerait, d’après Rudy Aernoudt, le recours à la main-d’œuvre au noir et accentuerait le différentiel entre l’allocation de chômage et le revenu du travail. "L’arme électorale" Ces idées semblent avoir séduit Yvan Roque, qui reconnaît les particularités et les difficultés du secteur. " Je suis opposé au travail au noir, mais, même les hommes politiques sont d’accord là-dessus, sans cet artifice, la plupart des établissements fermeraient boutique, explique le président de la fédération. Dans l’Horeca, le travail au gris est une réalité de tous les jours." Yvan Roque désire donc une prise en considération "urgente" de l’Horeca par le monde politique. "Parfois j’ai l’impression qu’on me considère comme le président fantoche d’une fédération sans poids. Nous en avons marre d’attendre. Mais à part louer des tracteurs et manifester, nous n’avons pas beaucoup de moyens de pression. Aujourd’hui, nous avons donc choisi une autre arme. Elle sera électorale." Quant à Rudy Aernoudt, il prépare activement la campagne de son parti sur la Région bruxelloise. Pour le moment, il tient au chaud les noms de ses candidats potentiels. "Il y aura des noms connus" , tient-il toutefois à préciser. Petit indice ? Les 10 priorités du parti LiDé pour Bruxelles et l’Europe seront présentées ce samedi par Rudy Aernoudt, Thierry Rommel et... Alain Destexhe (MR). |